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On entend par habitat participatif des groupements de personnes ayant la volonté de participer à la définition, à la conception et à la gestion de leurs logements et des espaces de vie partagés destinés à leur usage commun.


Les habitats participatifs présentent trois caractéristiques essentielles : 

   - le projet est pensé avec les habitants,
   - des espaces de vie partagée sont nécessairement présents,
   - l’habitat est géré par les habitants.

Et plus précisément :
Après des années d’incubation dans les réseaux associatifs et militants, l’Habitat Participatif a reçu ses lettres de noblesses en 2014 avec l’approbation du chapitre 48 de la loi ALUR qui a créé les sociétés d’Habitat Participatif. La loi reconnaît ainsi officiellement l’intérêt général de cette forme de construction et de gestion de logements qui repose sur l’initiative citoyenne.
Cette innovation répond à plusieurs besoins émergents qui se manifestent dans le domaine du logement :
  • Réinventer les formes de solidarités du fait de la fragilisation du lien social, sur tous les types de territoires, liée aux évolutions sociologiques de la famille, des études, du travail, des loisirs
  • Ré-enchanter l'approche collective face à la difficulté à mobiliser les citoyens dans la durée autour de causes collectives qui nécessitent compromis, engagement et persévérance,
  • Maîtriser notre croissance pour maîtriser une crise environnementale liée à des modes de vie déconnectés des équilibres naturels locaux et globaux,
  • Redéfinir les besoins essentiels face à l’emballement des logiques économiques et financières qui dénaturent les besoins réels des habitants pour les convertir en attitudes consommatrices.
L’habitat est un lieu idéal pour le réinvestissement de l’action citoyenne. L’habitat est par essence le lieu de l’intimité de chacun, le cocon fondateur de la vie individuelle et familiale, mais à partir de lui peut se développer le réseau des solidarités de proximité et des pratiques quotidiennes.
En inscrivant, dès sa conception, le logement individuel dans un projet d’habitat groupé qui l’englobe, l’Habitat Participatif remet chacun en situation de :
  • Participer au développement de son territoire
  • Préparer la transition énergétique en se donnant les moyens d’adapter ses pratiques aux logiques de développement durable,
  • Favoriser le lien social, l’entraide, la mixité et l’engagement citoyen,
  • S’approprier son logement dans un projet collectif et partagé,
  • S'impliquer dans la création et l'usage de locaux communs, partagés par les habitants, véritables lieux de vie et d'ouverture sur le quartier.
Ce faisant l'habitat participatif répond à des missions d'intérêt général.


L'habitat groupé en quelques questions 


L’habitat participatif est un mot « valise » qui permet de désigner la diversité des démarches où les habitants s’impliquent pleinement dans la conception puis la gestion de leur habitat. Une autre façon de les reconnaître est que tous ces projets d’habitat participatif, quels que soient leurs différences de statuts ou leurs priorités (écologique, sociale, coopératif, non spéculatif, intergénérationnel…) intègrent systématiquement des espaces de vie partagée, comme une salle commune, des chambres d’amis, une buanderie, un atelier… et si possible, un jardin partagé.

On utilise également l’expression "habitat groupé", qui est équivalente mais qui insiste d’avantage sur l’idée du groupe d’habitants à l’origine de la démarche. Habitat Groupé est le terme historique, et les projets des années 70 et 80 se retrouvaient en France dans le Mouvement pour l’Habitat Groupé Autogéré (MHGA). 

En 2011, lors des rencontres nationales de l’habitat groupé qui se sont tenues à Strasbourg, les acteurs du mouvement souhaitaient voir l’habitat groupé reconnu par l’Etat, notamment pour créer un statut ad hoc permettant de sécuriser les projets. C’est entre autre pour cette raison que l’on a décidé de remplacer le terme d’habitat groupé par celui d’habitat participatif, plus rassurant pour les acteurs politiques car il évoque moins l’idée du groupe coopté et l’entre-soi. 

Ce changement de nom a permis en quelques années la propagation de cette idée dans les politiques publiques, à travers la récente loi ALUR qui intègre un volet sur l’habitat participatif, mais aussi au sein de collectivités locales de plus en plus nombreuses, qui comme la Région PACA mènent une politique de soutien à ce type de projets.

Le développement des projets d’habitat participatif prend racine dans la crise du logement, mais pas seulement. 

Travailler pendant 3, 4 ans, parfois plus, avancer parfois des sommes d'argent importantes sans garantie de résultat… si c’est juste pour disposer d’un logement, l’investissement n’est pas rentable. 

Il faut un surcroît de sens pour justifier une telle implication. 

Les motivations sont de deux ordres : à la fois pragmatiques et politiques. Pragmatiques, parce que toutes les personnes impliquées dans ces démarches cherchent à économiser grâce aux mutualisations : avoir mieux (plus écologique, plus grand, avec un jardin…) pour moins cher. Mais ces économies envisagées ne suffisent souvent pas à maintenir un engagement sur la durée. Le surcroît de sens vient d’une forme d’engagement plus politique, car ces projets sont aussi une tentative de réponse aux différentes crises de la société capitaliste.

La première crise à laquelle les habitats groupés veulent répondre est celle de l’hyper-individualisme de nos sociétés modernes et de la perte des solidarités de proximité : les personnes impliquées dans des projets d’habitats participatifs souhaitent avant tout proposer une nouvelle manière de vivre, où la bienveillance et l’entraide entre voisins remplacerait l’indifférence, d’où l’intégration systématique d’espaces de vie partagés, supports de solidarités renforcées entre les habitants. 

De fait, la plupart des habitats participatifs souhaitent développer en leur sein une mixité générationnelle, et souhaitent renforcer les liens entre seniors et familles plus jeunes. La crise environnementale est le second type de problème auquel tous les projets tentent également de répondre : il est aujourd’hui devenu évident d’intégrer des préoccupations écologiques dans la façon de construire puis de gérer son habitat, plus ou moins poussées selon les sensibilités, mais toujours présente.

Effectivement. Un second niveau de critique permet de distinguer des variantes dans les démarches, des sensibilités différentes qui permettent de définir trois grandes familles d’habitat participatif :
La critique de l’ultra-libéralisme et du tout marché, qui fait du logement un bien spéculatif devenu hors de prix, débouche sur les coopératives d’habitants. Celles-ci ont pour principe la propriété collective, la non spéculation, la démocratie et l’accessibilité à tous. Dans ce type de projet, on est collectivement propriétaire et individuellement locataire. On ne s’étonnera pas de voir ces démarches se développer particulièrement dans les grandes villes où le prix des logements s’est particulièrement envolé : Lyon (le Village Vertical…), Marseille (Place des Habeilles), Paris (Hespère 21), Toulouse (La Jeune Pousse)…

La critique de l’industrialisation et de l’uniformisation dans la production de logement, qui aboutit à une perte de qualité et de diversité, débouche sur l’autopromotion. Ces projets cherchent à se passer des promoteurs privés et à remettre les habitants au cœur de la production de leur logement. Les autopromoteurs achètent collectivement leur terrain et recrutent leur propre architecte, avec lequel ils cherchent à développer des projets plus écologiques, plus originaux dans leur conception, plus économiques aussi, mais sans aller aussi loin que les coopératives dans le rejet de la propriété privée, puisqu’ils aboutissent souvent à une copropriété. A Marseille, le projet Corail à l’Estaque relève de cette démarche, mais également les projets de Forcalquier dans le 04...

Les écolieux, enfin, qui font largement écho au mouvement pour la Transition, se basent sur une critique du monde productiviste et cherchent à développer une forme d’autonomie permettant de tester des alternatives. Presque exclusivement ruraux, ces projets intègrent souvent une activité économique, parfois agricole, et recherchent une forme d’harmonie avec la nature loin de l’agitation de la société globalisée moderne.

Pour être complet, il faudrait ajouter une quatrième famille de projets, en train de se développer, celle des projets en locatif social participatif, qui impliquent la présence d’un bailleur social. Ces projets, plus récents, résultent des politiques publiques du logement qui souhaitent répondre à cette nouvelle demande de logement et intégrer la logique participative. Au cœur de leurs objectifs : rendre l’habitat participatif accessible à tous et sécuriser les projets en s’appuyant sur des professionnels, de façon à démocratiser cette façon d’habiter. Paradoxalement, certains de ces projets vont être initiés avant qu’un groupe d’habitants ne soit constitué, et les habitants ne vont être « recrutés » que dans un second temps, lorsque les conditions de faisabilité (terrain, montage juridique et montage financier, accompagnement spécifique) auront été trouvées. Il n’y a pas de jugement négatif à porter à ce type de projet, que j’appellerai « de seconde génération », et qui résultent de ce que certains élus et professionnels du logement ont entendu la demande des habitants et tentent d’y répondre, parfois en prenant les devants. Ils conviendront certainement mieux à des habitants ayant besoin de plus de sécurité, disposant de moins de temps et de moins d’argent, et l’aventure collective au cœur de ce type de projet, pour être plus encadrée, n’en sera pas moins exaltante ! La ville de Montreuil est précurseur sur cette approche (les Babayagas, le Praxinoscope…), mais on en trouve également en développement en PACA, à Marseille (Friche Belle de Mai, La Cayolle), Avignon (Etoilie), Carpentras (le Mas Terradou), Limans (04), Aureille (84) ou encore bientôt à Mallemort (13), par exemple.

Quand on voit la place croissante que prennent les collectivités, les bailleurs sociaux, ou encore l’Etablissement Public Foncier régional dans certains projets d’habitat participatifs, et le poids que ces acteurs prennent dans les orientations des projets, 

C’est une vraie question. Effectivement, presque tous les projets sont aujourd’hui obligés de composer avec les acteurs traditionnels de la filière du logement : les collectivités (avec l’EPFR) qui « produisent » le foncier mais ne le vendent qu’à certaines conditions, les bailleurs sociaux qui sont professionnels de la construction et permettent d’accéder à du financement spécifique mais qui imposent leurs propres contraintes, les aménageurs qui doivent équilibrer leurs coûts…. 

Produire du logement en France est devenu très complexe, et penser le faire en totale autonomie se paye souvent par plusieurs années de retard… avant parfois l’abandon du projet. Quelques-uns y réussissent, dans des pays lointains où le foncier constructible est abondant et peu cher, mais pour le cas général, il faut penser 'partenariats'. Toutes les opérations de construction de logements en France, qu’elles soient réalisées par des promoteurs, des bailleurs sociaux ou des constructeurs, se font dans un cadre multi-acteurs et sous contrainte du fameux mille-feuilles administratif : aucune chance d’y échapper.

Ce qui est nouveau, c’est que le groupe d’habitants peut devenir un élément moteur dans ces partenariats, en négocier parfois les règles et en influencer le résultat pour le rendre plus conforme à ses attentes. Mais à condition de sortir de la pensée magique et d’essayer de comprendre les objectifs et contraintes de ses partenaires… Pour développer et conserver le contrôle de son projet d’habitat participatif, il faut entrer dans une démarche d’apprentissage collectif, comprendre les cadres dans lesquels on s’inscrit, de façon à ne plus laisser l’ensemble des décisions aux seuls experts. Dans une société de l’expertise, la démocratie ne survit qu’à condition de développer une expertise citoyenne !

La Loi ALUR, qui vient reconnaitre deux nouveaux statuts pour l’habitat participatif, est le produit de cette forme d’investissement citoyen dans des domaines d’où il est normalement exclu. Les bénévoles de la coordin’action nationale des associations de l’habitat participatif qui se sont impliqués dans son élaboration ont énormément travaillé… et appris… et ils ont influencé le texte final au delà de toute espérance. Le monde du logement est actuellement en crise et plein de questionnements… ce qui le rend souvent plus ouvert à la nouveauté ; dans ce contexte, des citoyens armés de volonté et prenant le temps de s’informer surprennent, développent des alliances au cœur du « système » et peuvent dégager des marges d’actions insoupçonnées. 

Ce qui se joue, c’est la liberté de redevenir des acteurs sociaux. Cela à un prix : accepter d’y consacrer du temps et de la sueur… et une vertu : rendre ceux qui s’y emploient plus intelligents !


Voir aussi

LES PROJETS ACCOMPAGNES PAR REGAIN